Liens utiles
Ce répertoire couvre les associations constituées (loi 1901 ou équivalent) qui opèrent à l'échelle nationale dans le champ des violences et abus au sein de l'Église catholique en France. En marge des associations constituées, plusieurs sites Internet jouent un rôle structurant de veille, d'information et de mémoire, fournissent des ressources aux victimes et maintiennent une pression informative en dehors des cycles médiatiques.
Associations
Fondée en 2020. Présidée et cofondée par Olivier Savignac, musicien et vidéaste aveyronnais, lui-même victime à 13 ans d'un prêtre du Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ) lors d'un camp de jeunes à Arthez d'Asson (Béarn) en 1993. Savignac s'était d'abord fait connaître à travers une première association, « Notre Parole Aussi Libérée », créée pour porter la partie civile au procès du prêtre Pierre de Castelet et de l'évêque André Fort devant le tribunal d'Orléans en octobre 2018. Après ce procès, Parler et Revivre a pris le relais avec un mandat élargi.
L'association se définit comme « laïque, areligieuse et démocratique ». Elle couvre les victimes d'agressions sexuelles commises au sein de l'Église catholique et, plus largement, dans l'ensemble des institutions à caractère religieux (y compris les victimes majeures vulnérables). Elle accueille les victimes collatérales (proches) et les alliés. Son champ est national (métropole et outre-mer), avec des actions dans les pays francophones et européens.
Sa stratégie combine dialogue institutionnel (CEF, CORREF, Sénat, Assemblée nationale), accompagnement individuel des victimes dans leur parcours de reconstruction et de signalement, et sensibilisation par un spectacle de prévention destiné aux jeunes (en partenariat avec France Victimes). L'association a été invitée au sommet mondial des associations de victimes au Vatican (avec le SNAP américain et Ending Clerical Abuse), a contribué directement aux travaux de la CIASE, et a publiquement critiqué les défaillances de l'INIRR (lenteurs, manque d'écoute, absence de consultation des associations).
Aide aux Victimes de dérives de mouvements Religieux en Europe et à leurs Familles. Fondée par Daniel et Françoise Poujade, dont la fille était victime d'abus au sein de la Communauté Saint-Jean. Présidences successives : Laurence Poujade (2012–2013), Aymeri Suarez-Pazos (ancien de l'Opus Dei, 2013–2021, co-initiateur de l'« Appel de Lourdes » de 2013), Jean-Luc Dexemple (2021–2024), Séamus Browne (depuis mai 2024). Reconnue par la MIVILUDES. L'AVREF est, avec l'UNADFI et le CCMM, l'une des trois principales associations françaises de lutte contre les dérives sectaires.
Son angle est l'emprise communautaire plutôt que la pédocriminalité dans les établissements scolaires. Elle couvre les dérives et abus de pouvoir au sein des communautés religieuses catholiques (Communauté Saint-Jean, Communauté de l'Agneau, Points Cœur, Opus Dei, etc.). Depuis 2013, elle a élargi ses objectifs à l'alerte des autorités administratives, étatiques et ecclésiales. Fonctionne entièrement sur le bénévolat et les cotisations.
Le site avref.fr constitue une base documentaire importante, avec des liens vers la CRR, l'INIRR et la MIVILUDES.
Présidée par Claudette « Nanou » Couturier, elle-même victime de viols répétés entre 18 mois et 13 ans par trois prêtres de la Société de Marie à Vaulx-en-Velin (Rhône) dans les années 1960–1970. Née du collectif des victimes du père Louis Ribes, après une conférence de presse au Club de la Presse de Lyon (mai 2022). Première réunion le 4 juin 2022.
Son objectif est de fédérer toutes les victimes d'abus sexuels dans l'Église, civiles et religieuses, pour peser collectivement sur les conditions d'indemnisation. Cible principale : les barèmes et le fonctionnement de l'INIRR et de la CRR. Claudette Couturier conteste le plafond de 60 000 euros, les barèmes « par graduation de gravité », l'absence d'expertise médico-légale systématique et le défaut de formation des écoutants. Forte exposition médiatique (Complément d'enquête, France 2, janvier 2023). En 2024, Claudette Couturier a obtenu une indemnisation de 100 000 euros de la congrégation des Maristes et de la CRR — un montant supérieur au plafond initial.
Fédération regroupant 130 associations locales d'aide aux victimes. Bras opérationnel de la CIASE pour le recueil des témoignages (6 500 contacts entre 2019 et 2020). Opère la plateforme nationale d'aide aux victimes d'abus sexuels dans l'Église (01 41 83 42 17, 9h–21h, 7j/7).
Ce n'est pas une association militante mais un réseau professionnel fournissant orientation juridique, psychologique et sociale. Pour les victimes pas encore engagées dans un parcours judiciaire, c'est un premier point d'entrée institutionnel neutre et gratuit vers l'aide juridique locale.
Numéro national : 116 006 — gratuit, 7j/7, 9h–20h.
Sites Internet, portails et ressources de veille
Site de veille indépendant, animé anonymement. Agrège l'actualité de l'Église de France en matière de violences sexuelles, d'abus de pouvoir et d'emprise. Plus de 110 articles de fond couvrant un spectre large : décisions du Tribunal pénal canonique national (TPCN), INIRR, CRR, témoignages de victimes, communautés mises en cause, initiatives diocésaines. Newsletter hebdomadaire, flux RSS.
Positionnement catholique informé et critique, ni hostile à l'institution ni complaisant. Source de veille précieuse et relais médiatique structurant entre les cycles médiatiques.
Site de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (CIASE), présidée par Jean-Marc Sauvé. L'activité de la commission est éteinte ; le téléphone et l'email victimes@ciase.fr sont désactivés.
Le rapport de 2 500 pages (5 octobre 2021), ses 31 annexes, les comptes rendus d'auditions et la revue de presse restent intégralement téléchargeables. Pour tout le mouvement, c'est la référence fondatrice : 330 000 victimes estimées depuis les années 1950, dont 30 % dans des établissements scolaires.
Plateforme de veille, de témoignage et de dénonciation centrée sur les dysfonctionnements au sein de l'enseignement privé sous contrat catholique en France. Sous forme de blog, avec trois objectifs :
- La libération de la parole : recueil et publication de témoignages de victimes (élèves ou anciens élèves) de violences physiques, psychologiques ou sexuelles (notamment dans le cadre d'affaires comme celle de Bétharram ou de Saint-Pierre au Relecq-Kerhuon).
- La défense des personnels : dénonciation des conditions de travail, du harcèlement managérial et des atteintes aux droits sociaux des salariés et enseignants de l'enseignement catholique.
- Le plaidoyer politique : opposition à la « culture de la complicité » et militantisme pour une application stricte des valeurs de la République et de la protection de l'enfance au sein de ces établissements.
Le positionnement du site est critique et militant, en confrontation directe avec le Secrétariat général de l'enseignement catholique (SGEC) et les directions diocésaines, autour de trois axes :
- Anti-impunité : briser le silence sur les dérives passées et présentes, en exigeant des comptes de la part des autorités ecclésiales et académiques.
- Social et syndical : relais des revendications des personnels qui s'estiment lésés ou non protégés par les structures syndicales traditionnelles du secteur.
- Laïque et éthique : bien que traitant de l'enseignement catholique, le blog revendique une charte éthique et une approche centrée sur les droits fondamentaux et la protection des mineurs.