Les établissements « cluster »
L'Association MVR continue de recueillir les témoignages des victimes des établissements « clusters », concentrant un grand nombre de victimes et de prédateurs dans un climat de violence et de terreur.
- Nous avons maintenant les récits concordants de 55 victimes à Jean-Baptiste de La Salle (Rouen) qui pointent un nombre impressionnant de bourreaux sadiques et de prédateurs extrêmement actifs. Les témoignages récents révèlent en particulier un enseignant du collège, à la fois ultra-violent et pervers, qui pendant les dernières années de sa carrière arrivait en classe alcoolisé et imposait des attouchements aux élèves à son bureau devant toute la classe. En moyenne la moitié de la classe pouvait subir ces agressions, ce qui fait un nombre effroyable d'enfants abusés par cet homme qui n'a jamais été inquiété alors qu'il opérait ouvertement. Les témoignages continuent à affluer concernant un aumônier pervers logé dans le collège pendant des décennies et qui a fait des dizaines de victimes en toute impunité. Les victimes décrivent des séquelles psychologiques sur leur vie entière.
- À Passy-Buzenval (Rueil-Malmaison) et Saint-Augustin (Saint-Germain-en-Laye), les témoignages ciblent de nouveaux prédateurs identifiés comme étant actifs dans les années 80 et 90, alors que le climat de violence ne faisait qu'empirer. L'association MVR compte maintenant 40 victimes à Passy Buzenval et 22 à Saint Augustin.
Le Likès (Quimper), Saint-Genès (Bordeaux et Talence), Saint-Augustin-La Salle (Metz), Saint-Privat (Mende) et PIC (Béziers) concentrent aussi un grand nombre de victimes sur plusieurs décennies. La Rochefoucauld (Paris) et Saint-Nicolas (Igny) apparaissent également de façon récurrente et particulièrement inquiétante dans les témoignages que nous recueillons.
Alors que le nombre de Frères dans les établissements diminuait régulièrement, nous recensons la présence de laïcs peu formés et clairement sous-qualifiés (recrutés notamment dans la famille des Frères ou parmi les vétérans des guerres coloniales), ce qui a contribué à entretenir l'utilisation de la violence comme outil pédagogique.
Enfin nous notons que les prédateurs identifiés dans les établissements étaient souvent de grands organisateurs d'activités extra-scolaires, excursions, camps de vacances ou séjours linguistiques, où ils sévissaient avec une grande facilité. Nous commençons à documenter des témoignages accablants sur ces situations, notamment dans les camps de vacances rattachés à la Congrégation des lasalliens qui en géraient un grand nombre jusque dans les années 90.