Communiqué de presse n°7 — Association MVR

Après le scandale du Likès, l'Association MVR lance un appel à témoignages dans tout le réseau lasallien breton

Après les révélations qui ont frappé Le Likès – La Salle de Quimper, vaisseau amiral historique des lasalliens en Bretagne, l'Association MVR – Mémoire, Vérité, Reconnaissance pour les victimes des lasalliens ouvre un appel à témoignages à l'échelle des cinq départements de la Bretagne historique. 68 établissements lasalliens sont recensés dans ces cinq départements.

1. Le Likès de Quimper, vaisseau amiral des lasalliens en Bretagne

Fondé en 1838 à Quimper, Le Likès, aujourd'hui Le Likès - La Salle, accueille près de 3 000 élèves et demeure l'un des établissements les plus emblématiques du réseau lasallien en Bretagne. C'est pourtant au cœur de cette institution prestigieuse qu'éclate un scandale pédophile de grande ampleur.

Selon les témoignages recueillis par le collectif local des victimes, de nombreux enfants y ont subi, des années 1960 aux années 1980, des violences et des agressions sexuelles. Les faits sont notamment imputés au Frère Lucien Roudaut (décédé en 2020), surveillant d'internat et professeur de travaux manuels. Bien que plusieurs témoins confirment que sa réputation de pédophile était déjà connue à l'époque, il est resté au contact des enfants durant près de trois décennies, notamment dans le dortoir de l'établissement, dont le directeur était d'ailleurs Jean-René Gentric, actuel patron de la congrégation des lasalliens. À ce jour, le collectif du Likès a identifié dix-huit victimes ; deux familles l'ont rejoint après le suicide de proches, anciens internes de l'établissement.

2. Un scandale qui dépasse le Likès

Pour l'Association MVR, Le Likès n'est pas un cas isolé. Près de 300 victimes ont contacté l'association pour avoir subi des violences et des abus sexuels dans une cinquantaine d'établissements lasalliens à travers toute la France. Chaque fois se dessine le même mécanisme d'impunité : un silence prolongé qui a permis aux prédateurs et bourreaux de demeurer au contact d'enfants, parfois durant des décennies, plutôt que d'être écartés et signalés aux autorités.

L'Association MVR adresse trois questions à la congrégation des lasalliens : la congrégation a-t-elle procédé, en temps utile, aux signalements qui s'imposaient à l'autorité judiciaire ? Pourquoi l'accès à ses archives demeure-t-il refusé aux victimes ? Pourquoi cette congrégation, qui dit recueillir des témoignages depuis 2014, n'a-t-elle jamais effectué un seul appel à témoignages ?

3. Un appel à témoignages à l'échelle de la Bretagne historique

L'Association MVR lance un appel ouvert à toutes les victimes et témoins de violences et d'abus sexuels dans le réseau breton des Frères des Écoles chrétiennes, de 1950 à aujourd'hui, dans les cinq départements : Finistère (29), Morbihan (56), Côtes-d'Armor (22), Ille-et-Vilaine (35) et Loire-Atlantique (44).

« Le Likès n'est pas une exception : comme les autres établissements lasalliens pour lesquels notre association a déjà recueilli des témoignages de violences et d'abus sexuels, des familles ont confié leurs enfants à une institution qui n'a pas su les protéger. Nous lançons cet appel pour qu'aucune victime bretonne ne demeure seule avec ce qu'elle a vécu. »

Philippe Chemineau, président de l'Association MVR pour les victimes des lasalliens

Contact presse : Association MVR — contact@asso-mvr.fr · 07 80 71 19 85 · www.asso-mvr.fr
Témoignages : victimes.lasalliens@gmail.com · Le Likès : contact_victimes.likes@yahoo.com

Communiqué de presse n°6 — Collectif des victimes du Likès

Scandale des violences et crimes sexuels au Likès, à Quimper

Le collectif des victimes de violences et agressions sexuelles au Likès rend public ce communiqué dans un objectif de vérité et de protection. Sa démarche poursuit trois buts : informer sur des faits d'une particulière gravité, permettre à d'autres victimes restées silencieuses de se reconnaître et de témoigner, et obtenir la reconnaissance pleine et entière des responsabilités.

Géré par les Frères des Écoles chrétiennes, le Likès appartient au réseau des établissements lasalliens, dont plusieurs autres sont également mis en cause pour des faits de même nature. Des années durant, de nombreuses violences, agressions sexuelles et viols ont été commis sur des enfants au Likès, à Quimper.

C'est à la faveur du premier témoignage d'une victime, publié dans un grand quotidien régional, que cinq anciens élèves se sont rencontrés pour la première fois en juillet 2025. Entre la fin des années 1960 et les années 1970, tous ont été victimes de violences, d'agressions sexuelles ou de viols qu'ils imputent au Frère Lucien Roudaut — surnommé « Belou » —, surveillant de dortoir et professeur de travaux manuels. Constatant le silence de la congrégation sur ces faits, le collectif des victimes du Likès s'est constitué en janvier 2026.

À ce jour, le collectif a formellement identifié 18 victimes, auxquelles s'ajoutent plusieurs autres témoignages. Deux familles ont rejoint le collectif en tant que victimes collatérales : leur fils, frère ou époux, internes au Likès, ont mis fin à leurs jours.

Crimes et impunité

Sept victimes du collectif ont engagé une démarche auprès de la Commission de Reconnaissance et de Réparation (CRR). Plusieurs sont reconnues comme victimes ou en attente de l'être. Une victime indique avoir signé un protocole d'indemnisation assorti d'une clause de confidentialité ; d'autres s'y refusent.

Le collectif déplore le silence, voire l'indifférence, de plusieurs responsables liés à l'établissement. Au premier chef, le Frère Jean-René Gentric, visiteur provincial des Lasalliens. Le collectif a également sollicité un entretien avec M. Xavier Moënner, actuel directeur du Likès — demande restée sans réponse en dépit de plusieurs relances. Un rendez-vous est finalement fixé le 24 juin 2026 avec M. Christophe Geffard, directeur diocésain de l'enseignement catholique du Finistère.

Nos exigences

  • La reconnaissance sans réserve de la responsabilité institutionnelle de la congrégation pour l'ensemble des sévices, physiques et sexuels.
  • Un appel à témoignages, par les Lasalliens, le Likès et l'évêque de Quimper, pour briser l'isolement des victimes.
  • La suppression immédiate des clauses de confidentialité imposées dans les protocoles de réparation, et le recours à une instance indépendante.
  • L'ouverture complète des archives des Lasalliens et du diocèse de Quimper.
  • Une cérémonie officielle et publique de reconnaissance au Likès.
  • La pose, au Likès, d'une plaque en mémoire des victimes.

Contact : contact_victimes.likes@yahoo.com · +33 6 22 37 32 82

Communiqué de presse n°5 — Association MVR

280 victimes identifiées, 90 prédateurs sexuels et 52 établissements : le plus grand groupe de victimes de violences scolaires en France se constitue en association

Créé il y a seulement quatre mois pour recueillir les témoignages de victimes de la congrégation des lasalliens (Frères des Écoles Chrétiennes), le collectif des victimes des lasalliens se constitue en association loi de 1901. Le nombre de victimes, l'ampleur des révélations, leur nature systémique et leur gravité appellent une action structurée et durable, portée par l'Association MVR — Mémoire, Vérité, Reconnaissance pour les victimes des lasalliens.

1. Une mobilisation sans précédent

Depuis février 2026, ce qui n'était qu'un appel à témoignages par une poignée de bénévoles a recueilli la mémoire et la vérité de centaines de victimes de violences infligées à des enfants isolés et sans défense dans les établissements lasalliens. La constitution en association loi 1901 donne à cet engagement un cadre juridique, une gouvernance et une capacité d'agir dans la durée.

À la différence des collectifs centrés sur un seul établissement, les témoignages concernent une cinquantaine d'établissements lasalliens répartis sur tout le territoire français. Les modes opératoires se répètent à travers les époques et les géographies, excluant la thèse des dérives isolées : les violences physiques et psychologiques tenaient lieu d'outil pédagogique dans un projet éducatif dévoyé. Les prédateurs sexuels y prospéraient impunément, couverts ou mutés par l'institution. Ce que nous documentons, c'est un scandale d'une ampleur inédite dans l'histoire de l'enseignement en France.

2. Le site asso-mvr.fr : un outil au service des victimes

L'Association MVR lance simultanément son site web www.asso-mvr.fr : un espace public d'information, de documentation et de plaidoyer ; un tableau de bord des victimes, établissements et prédateurs régulièrement actualisé ; des guides sur l'accompagnement psychologique, médical et juridique ; un espace membre sécurisé.

« Nous ne sommes plus des enfants isolés. En quatre mois, 280 victimes ont brisé le silence. Ce constat historique nous impose une obligation : être à la hauteur de leur confiance. La constitution en association, le site, le tableau de bord — ce sont les outils d'une action qui s'inscrit dans la durée. Nous avons une stratégie, nous avons des moyens juridiques, et nous avons une détermination sans faille. La congrégation lasallienne devra rendre des comptes. »

Philippe Chemineau, président de l'Association MVR pour les victimes des lasalliens

Contact presse : Association MVR — contact@asso-mvr.fr · 07 80 71 19 85 · www.asso-mvr.fr
Témoignages : victimes.lasalliens@gmail.com

Communiqué de presse n°4

Scandale des Lasalliens : révélations sur un système de prédation institutionnalisé à Passy-Buzenval (92) et Saint-Augustin (78), 1960–1995

Après les révélations concernant l'établissement Jean-Baptiste de La Salle à Rouen, le collectif de victimes des Lasalliens lève le voile sur une mécanique de prédation systémique sur quatre décennies au sein des établissements Passy-Buzenval (Rueil-Malmaison) et Saint-Augustin (Saint-Germain-en-Laye).

À ce jour, les témoignages concordants de 25 victimes de générations différentes décrivent un climat de terreur absolue, obtenu par le recours généralisé aux châtiments corporels avec pour seul objectif le dressage des enfants. Le collectif a ainsi documenté des témoignages de cruauté débridée dans ces deux établissements :

  • Passages à tabac allant jusqu'à la perte de connaissance ou une infirmité auditive définitive. Coups de règle en métal, coups de clés sur la tête, flagellations à la cordelette à nœuds.
  • Enfants contraints à l'immobilité dans des positions douloureuses, frappés au moindre mouvement 1.
  • Élèves suspendus à des porte-manteaux ou jetés dans des poubelles.

Ces actes de barbarie, loin d'être des dérives isolées, faisaient partie intégrante d'un projet pédagogique visant à briser les capacités de résistance des enfants sous prétexte de discipline, les isolant dans une soumission totale propice aux exactions de pervers ultraviolents et de prédateurs sexuels. Le collectif a ainsi identifié dans ces deux établissements 22 bourreaux d'enfants et 10 prédateurs sexuels. Certains prédateurs pouvant être encore vivants et au contact d'enfants, le Collectif procède à des signalements auprès du Procureur de la République.

L'ère des « super-prédateurs »

À Passy-Buzenval, le Frère A.-B. imposait un rituel répugnant : le jour de l'anniversaire de l'enfant, chaque élève des huit classes de 6e devait se faire embrasser avec la langue et subir des attouchements sexuels, assis sur ses genoux, en échange d'un bonbon. Un professeur de sciences a poursuivi une longue carrière de prédateur sexuel auprès des 4e, tandis qu'un surveillant pédophile, par ailleurs ultraviolent, préférait les 3e qu'il choisissait pendant les heures d'étude du soir et convoquait dans son bureau pour des « punitions ».

La nuit, le pensionnat devenait une zone de traque où surveillants religieux ou laïcs repéraient les enfants éveillés pour les traîner vers la salle des lavabos, les dénuder et leur imposer des massages de « relaxation » qui dégénéraient en agressions sexuelles. Nuit après nuit, d'autres étaient agressés dans leur lit par un frère tandis que leurs voisins de dortoir faisaient semblant de dormir pour échapper aux représailles.

Au sommet de cette hiérarchie trônait le Frère A.-M., directeur de Passy-Buzenval pendant dix ans et figure du réseau. Prédateur insatiable, il utilisait des prétextes médicaux (séances de yoga et même hypnose) pour abuser de garçons dans le dortoir et même dans son bureau en plein jour. Impossible pour la congrégation de l'ignorer : un matin de 1966, les élèves ont découvert un graffiti immense sur le mur de la cour où était inscrit en lettres rouges « Le frère directeur est un pédophile ».

Malgré un signalement qui aurait été donné dès 1974, la congrégation l'a tranquillement muté à Saint-Augustin (Saint-Germain-en-Laye), aux Francs Bourgeois (Paris) puis à Saint-Genès (Bordeaux), lui assurant un vivier de nouvelles victimes. Avide de la reconnaissance sociale qui lui servait d'armure, ce redoutable prédateur a été promu Chevalier de l'Ordre national du Mérite en 1979 avec le soutien de la congrégation qui ne l'a jamais ni signalé, ni destitué, ce qui lui a permis d'agresser au moins une centaine d'enfants sur 33 ans de carrière.

Le collectif dénonce enfin une porosité criminelle entre Saint-Augustin et Passy-Buzenval. La mobilité des prédateurs entre ces deux sites franciliens a permis de multiplier le nombre de proies :

  • Le Frère A.-M. a été déplacé à St Augustin en 1980 alors que la rumeur enflait à Passy-Buzenval.
  • Un aumônier exerçant sur les deux sites est mis en cause pour des agressions sexuelles commises durant la confession, utilisant le secret religieux comme levier d'emprise ultime.
  • Actif dans les deux institutions, le Frère A. est notamment accusé de nombreux viols sur une fillette lors de la première année de mixité au collège Saint-Augustin.

Cette architecture du crime, consolidée par le silence de leur hiérarchie et la circulation des agresseurs, attend toujours une reconnaissance à la mesure du traumatisme infligé.

Aujourd'hui : la faillite éthique de la Congrégation des Lasalliens

Le collectif dénonce la stratégie actuelle de la congrégation, qualifiée de victimisation secondaire 2. L'institution, notamment par le biais de sa cellule « d'écoute », tente de diluer sa responsabilité systémique dans ces violences et d'étouffer les témoignages. La congrégation s'est rapidement retirée des procédures du seul recours de justice restaurative indépendante ouvert aux victimes — la CRR, créée en 2022 après le rapport Sauvé — pour revenir à sa stratégie consistant à capter la parole des victimes sans référent dans une cellule « d'écoute » interne pour les isoler, les diminuer et les sélectionner de façon opaque, conditionnant une éventuelle reconnaissance et réparation à la signature d'une clause de silence.

Nos exigences — Le collectif demande formellement :

  • La reconnaissance sans réserve de la responsabilité institutionnelle de la congrégation pour l'ensemble des sévices (physiques et sexuels).
  • Un appel à témoignages national par les Lasalliens pour briser l'isolement des victimes.
  • La suppression immédiate des clauses de confidentialité imposées dans les protocoles de réparation et le recours à une instance indépendante pour traiter les recours des victimes.
  • L'ouverture totale des archives pour identifier la chaîne des responsabilités hiérarchiques.

Le déni n'est plus une option. La réparation est un impératif moral.

1 Le Protocole d'Istanbul des Nations Unies inclut dans la liste des tortures physiques l'obligation de rester dans une position corporelle immobile et douloureuse pendant une durée prolongée.

2 La Directive européenne 2012/29/UE (dite Directive Victimes) impose aux États membres de protéger les victimes de la victimisation secondaire, définie comme les dommages causés non par l'acte criminel lui-même, mais par la manière dont les institutions traitent la personne par la suite.

Le collectif invite les victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles au sein du réseau lasallien à témoigner et, si elles le souhaitent, à rejoindre MVR pour briser l'isolement et soutenir notre action : victimes.lasalliens@gmail.com
Contact presse : contact@asso-mvr.fr
Communiqué de presse n°3

Violences systémiques et prédation : le bilan effroyable des 165 témoignages de victimes des établissements Lasalliens

L'ampleur du désastre : 165 victimes brisent le silence dans 46 établissements

Exactement un mois après le lancement de notre appel à témoignages, nous avons recensé 165 victimes, dont 132 témoignages recueillis directement par le Collectif des victimes des Lasalliens, faisant état de violences physiques et d'agressions sexuelles au sein de 46 établissements Lasalliens depuis le début des années 60. Les victimes étaient des enfants âgés de 5 à 15 ans.

Les récits concordants mettent en lumière ce qui apparaît comme une défaillance systémique de la protection de l'enfance et un dévoiement du projet éducatif :

  • Un véritable climat de terreur fondé sur des châtiments corporels sur des mineurs de moins de 15 ans. Les sévices décrits — tabassages, tortures, actes de barbarie — témoignent d'une violence à la fois débridée et institutionnalisée. Cette violence extrême et le secret imposé sont précurseurs et facilitateurs des agressions sexuelles. Elles nourrissent l'impossibilité d'alerter en dehors de l'institution.
  • À cette violence physique s'ajoutait souvent une prédation sexuelle banalisée par sa fréquence et le silence total qui l'entourait. Les témoignages décrivent des faits de voyeurisme, des humiliations et des agressions sexuelles (notamment lors des confessions), des actes de masturbation forcée et des viols (y compris pénétrations anales, fellations forcées…), souvent sur plusieurs années de scolarité.

La répétition des modes opératoires, quelles que soient l'époque ou l'établissement, suggère une dérive systémique d'agresseurs se sentant totalement protégés par l'institution : dans certains cas, les bourreaux et les prédateurs sont restés tranquillement en place et en activité plusieurs décennies, brisant la vie de générations d'enfants marqués par les violences, le désespoir et l'isolement.

Focus sur les foyers de prédation : le cas édifiant de Jean-Baptiste de La Salle à Rouen

Au fur et à mesure que les victimes nous contactent, certains établissements émergent comme des clusters effroyables de violences physiques et psychologiques, d'actes de torture et de barbarie, et de crimes sexuels sur de longues périodes : Passy-Buzenval (Rueil-Malmaison), Saint-Genès (Bordeaux et Talence), Le Likès (Quimper), PIC Béziers… et surtout Saint-Jean-Baptiste de La Salle à Rouen.

Dans cet établissement de Rouen, le bilan est accablant :

  • 27 victimes ont déjà directement témoigné auprès du Collectif, permettant d'identifier au moins 5 pédocriminels et une dizaine de bourreaux potentiels ayant agi en toute impunité, notamment au pensionnat.
  • Les récits font état de la désinvolture des agresseurs, ne se cachant pas pour perpétrer leurs crimes : les agressions sexuelles étaient normalisées au point où elles se déroulaient en toute occasion (couloirs, embrasures de porte, confessions, catéchèse, douches, dortoirs), et les pervers ultra-violents affichaient ouvertement leur outil de prédilection (gants de boxe, fouets, manches de tournevis, cordes, etc.) pour mieux inspirer la terreur.
  • Le nombre important de prédateurs sexuels, certains actifs sur de longues périodes (l'un habitant même dans l'établissement pendant plus de 30 ans), laisse penser qu'ils communiquaient entre eux, considérant l'établissement comme un véritable supermarché d'enfants victimes dans lequel ils se servaient à leur gré.
  • Nous évaluons à plusieurs centaines le nombre potentiel de victimes de crimes sexuels et à plusieurs milliers celui de violences physiques, psychologiques et d'actes de torture et de barbarie pour le seul établissement de Rouen.

Comment s'étonner alors que la Congrégation des Lasalliens encore aujourd'hui peine à reconnaître sa responsabilité dans ces crimes et continue de traiter les victimes comme des enfants qu'il faut écraser et faire taire.

Nos exigences : vérité, reconnaissance et réparation

Combien de témoignages de barbarie faudra-t-il pour que la Congrégation des Lasalliens assume sa responsabilité institutionnelle et fasse preuve d'humanité plutôt que de privilégier la défense de sa réputation ?

Nous demandons formellement à la Congrégation des Lasalliens :

  1. La reconnaissance sans réserve de sa responsabilité et l'engagement d'une démarche de réparation sincère et globale, sur le modèle de ce que les Lasalliens ont été obligés de faire ailleurs (par exemple en Australie).
  2. Le lancement par la Congrégation d'un appel à témoignages afin de libérer la parole de toutes les victimes et les aider à sortir de leur isolement.
  3. La fin immédiate des clauses de confidentialité (achats de silence) lors des protocoles de réparation et son engagement de ne pas poursuivre les victimes auxquelles ces clauses ont déjà été imposées.
  4. L'ouverture totale des archives aux historiens et aux collectifs de victimes pour identifier les bourreaux et les prédateurs, et comprendre la chaîne des responsabilités hiérarchiques qui a permis de les protéger.

Nous demandons à l'État :

  1. D'engager avec tous les moyens possibles et de manière rapide et efficace, des actions en justice dans le cadre des plaintes et des signalements déposés par les victimes contre des institutions Lasalliennes.
  2. De mettre en place dès que possible des séries de contrôles inopinés et sur site des institutions Lasalliennes où nous avons identifié des victimes et qui sont mentionnées dans des plaintes ou signalements.

L'ampleur et la gravité sans précédent des violences et des crimes sexuels, perpétrés depuis des décennies dans les institutions Lasalliennes sans aucune entrave, met en exergue l'urgence par les parlementaires d'examiner le projet de loi Spillebout-Vannier dont l'objectif est la protection des enfants en contexte éducatif.

Le silence n'est plus une option. La réparation est un impératif moral.

Le collectif invite les victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles, de torture et d'actes de barbarie au sein du réseau Lasallien à le rejoindre pour briser l'isolement et coordonner leur action : victimes.lasalliens@gmail.com
Contact presse : contact@asso-mvr.fr
Communiqué de presse n°2

Violences chez les Lasalliens : l'explosion du nombre de témoignages confirme une défaillance systémique — le collectif alerte sur la sécurité des enfants

Huit jours seulement après le lancement de son appel national, le Collectif des victimes des Lasalliens révèle une explosion des témoignages de violences physiques, psychologiques et sexuelles, d'actes de torture et de barbarie dans les établissements de la Congrégation des Lasalliens. Le nombre d'établissements identifiés est passé de 18 à 40.

1. Des témoignages de l'horreur : la réalité des faits

Les récits recueillis par le collectif décrivent un climat de terreur et de violence. Des petites classes à la 3e, les victimes rapportent avoir subi :

  • Des violences physiques extrêmes : gifles, coups de poing, coups de pied, tabassages, coups de clefs, coups de règles métalliques, supplices d'immobilisation et tortures.
  • Des violences sexuelles avérées : des actes abominables que le silence des responsables de l'époque a laissé prospérer pour protéger l'institution plutôt que les enfants.

2. Le constat de vies brisées

L'impact de ces violences est définitif. Les victimes témoignent de parcours de vie lourdement impactés : vies familiales et affectives altérées, carrières professionnelles précaires ou entravées, perte d'espoir, mauvaise santé mentale et physique, addictions et suicides.

3. L'indemnisation amiable : un outil d'évitement pour la Congrégation

Le Collectif dénonce la stratégie de la Congrégation qui utilise le processus d'indemnisation actuel comme un bouclier juridique et un étouffoir pour les victimes.

  • Éviter le tribunal civil : en orientant les victimes vers une réparation forfaitaire, l'institution cherche avant tout à éviter les procès au civil qui mettraient en lumière sa responsabilité et ses failles de gouvernance.
  • Une réparation au rabais : la Congrégation se sert de ce dispositif pour éteindre les poursuites à moindre frais et préserver les actifs de l'institution. Les indemnités, négociées avec parcimonie, sont négligeables au regard des conséquences pour les victimes sur une vie entière.

4. Le scandale des clauses de silence : l'omerta contractuelle

Le Collectif juge choquant et inacceptable d'imposer aux victimes la signature d'un document comportant une clause de confidentialité constituant une extinction quasi totale de leur parole et de leurs droits juridiques futurs.

  • L'achat de l'impunité : cette clause léonine mentionne le droit de témoigner, mais il est immédiatement encerclé par des obligations de « loyauté » et de « non-dénigrement » si floues que la victime choisira le silence total. En interdisant aux victimes de participer au débat public, la Congrégation empêche de documenter le maintien en fonction, parfois pendant des décennies, de prédateurs actifs protégés voire déplacés d'un établissement à un autre.
  • Une entrave à la protection des mineurs : entretenir le secret sur les agressions passées et sur les parcours de mutation des agresseurs fait obstacle à l'identification de prédateurs potentiellement encore en contact avec des enfants.
  • Le prix de l'indignité : acheter le silence d'une victime est une violence institutionnelle absolue. Ces contrats agissent comme un bâillon sur leur parole et les condamnent à rester prisonniers de l'institution qui les a trahis.

5. Alerte sur la sécurité actuelle des enfants

Est-ce qu'une institution qui aujourd'hui n'est pas à même de reconnaître sa responsabilité vis-à-vis de nous, victimes du passé, et nous traiter avec dignité et compassion, est vraiment capable de recueillir la parole des enfants et de les protéger ? Nous ne pouvons que constater à quel point la Congrégation des Lasalliens, acteur majeur de l'enseignement catholique en France, est encore ancrée dans le déni et l'obsession réputationnelle.

6. Face à notre interrogation, le Collectif exige :

  1. Une reconnaissance de responsabilité : face à l'innommable, la congrégation des Lasalliens doit assumer sa responsabilité : exprimer sa honte et acter sa défaillance.
  2. Une intervention de l'État : le déclenchement immédiat d'inspections relatives à la protection des enfants dans tous les établissements Lasalliens de France.
  3. Une refonte totale du dispositif de protection : s'inspirant des modèles lasalliens au Canada et en Australie, confier la protection des mineurs dans chaque établissement à un référent indépendant de la hiérarchie lasallienne.
  4. La levée du secret : que la Congrégation déclare officiellement caduques toutes les clauses de confidentialité signées à ce jour, et ce sans contrepartie, et qu'elle s'engage à ne plus jamais conditionner une indemnisation au silence d'une victime.

Liste des 40 établissements identifiés au 9 février 2026

Faits identifiés par témoignages directs ou informations des médias, depuis les années 1950 à nos jours.

Dép.ÉtablissementVilleDép.ÉtablissementVille
12St JosephRodez50Collège et lycée agricoleMontebourg
21St JosephDijon57St AugustinMetz
28St Pierre de DreuxDreux62NazarethBoulogne-sur-Mer
29Le LikèsQuimper62St Joseph de MalisseLonguenesse
29St Corentin la SalleQuimper64Mauléon LicharreMauléon Licharre
29JB La SallePlouguerneau64St JacquesPau
29St Antoine La SalleLannilis65St Vincent de BagnèresBagnères-de-Bigorre
30Collège JB La SalleNîmes66La SallePerpignan
31La Salle PibracPibrac74St JosephThonon-les-Bains
31St JosephToulouse75Francs BourgeoisParis
33St GenèsBordeaux75La RochefoucauldParis
33St GenèsTalence76JB La SalleRouen
34Pic de la SalleBéziers76École BellefondRouen
38La Salle l'AigleGrenoble76St JB la SalleDarnétal
44LoquidyNantes78St AugustinSt-Germain-en-Laye
44St FelixNantes81La Salle St PierreCastres
44JB La SalleGuérande91St NicolasIgny
48St PrivatMende91PassyBrétigny
47Félix AunacAgen92St NicolasIssy-les-Moulineaux
48IntercollègeLangogne92Passy-BuzenvalRueil-Malmaison
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Communiqué de presse n°1

Réseau des écoles lasalliennes : Betharram puissance 10 — Création du Collectif des Victimes des Lasalliens

Face à des décennies de silence institutionnel, les victimes de la Congrégation des Lasalliens annoncent la création de leur collectif national. Le Collectif exige que la Congrégation sorte du déni pour assumer sa responsabilité civile et financière dans l'un des plus vastes scandales de violence et d'abus systémiques de l'enseignement catholique.

Depuis 1950, plus d'un million d'élèves ont fréquenté des écoles, collèges et lycées lasalliens. Si certains établissements sont depuis passés sous la tutelle des diocèses, le réseau lasallien compte aujourd'hui 150 établissements dans toute la France, faisant de cette Congrégation puissante et souvent opaque un acteur majeur de l'enseignement catholique.

Derrière le prestige de façade, le Collectif dénonce un projet éducatif dévoyé, fondé sur un usage systématique de châtiments physiques, de tortures et d'humiliations comme outils pédagogiques. Non seulement ces enfants terrorisés ont subi des sévices qui les ont profondément affectés, mais en imposant une obéissance absolue, l'institution a créé les conditions idéales pour des prédateurs sexuels qu'elle a ensuite protégés, favorisant ainsi la pédocriminalité. Grâce à la mutation silencieuse de Frères et de laïcs agresseurs, et à la pression voire l'emprise sur les enfants et les familles, la Congrégation a pu étouffer les scandales et continuer à briser des vies. Cette culture de l'abus et du secret se perpétue, comme le montre l'épouvantable affaire de St Genès à Bordeaux (36 victimes identifiées, dont 17 viols, entre 2008 et 2023).

Les établissements concernés par des faits historiques (les « écoles de la violence ») sont notamment les suivants (liste non exhaustive) : St Charles à Chauny (02), St Joseph Lasalle à Rodez (12), La Salle Pibrac (31), St Genès à Bordeaux et Talence (33), St Jean Baptiste de la Salle à Guérande, St Joseph du Loquidy et St Felix à Nantes (44), Le Likès à Quimper (56), Nazareth à Boulogne-sur-Mer (62), St Joseph à Mauléon (64), St Vincent à Bagnères-de-Bigorre (65), Francs Bourgeois à Paris (75), St Jean-Baptiste de La Salle à Rouen (76), St Augustin à St-Germain-en-Laye (78), St Nicolas d'Igny à Igny et Passy à Brétigny/Orge (91), St Nicolas d'Issy à Issy-les-Moulineaux et Passy-Buzenval à Rueil-Malmaison (92).

À ce jour, la Congrégation se limite à une posture de compassion protocolaire et d'indemnisation dérisoire, quand ce n'est pas un mutisme complet.

Le Collectif demande :

  1. Que la Congrégation reconnaisse catégoriquement que son projet éducatif fondé sur la violence et la terreur est un projet inacceptable qui ne respecte pas les droits fondamentaux de la personne humaine.
  2. L'ouverture sans restriction et immédiate des archives pour identifier les complicités hiérarchiques.
  3. Le lancement par la Congrégation d'un appel à témoignages pour libérer la parole des victimes.
  4. La création d'un fonds de réparation de 100 millions d'euros, à la hauteur du préjudice réel (vies professionnelles entravées, soins à vie, préjudices affectifs et relationnels) et du nombre de victimes.

Appel à témoignages

Pour plus d'informations, rendez-vous sur la page Facebook : « Association MVR pour les victimes des lasalliens ».

Le collectif invite les victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles, de torture et d'actes de barbarie au sein du réseau lasallien à le rejoindre pour briser l'isolement et coordonner leur action : victimes.lasalliens@gmail.com