Déclaration constitutive
15 avril 2026
Communiqué de presse n°4

Scandale des Lasalliens : révélations sur un système de prédation institutionnalisé à Passy-Buzenval (92) et Saint-Augustin (78), 1960–1995

Après les révélations concernant l'établissement Jean-Baptiste de La Salle à Rouen, le collectif de victimes des Lasalliens lève le voile sur une mécanique de prédation systémique sur quatre décennies au sein des établissements Passy-Buzenval (Rueil-Malmaison) et Saint-Augustin (Saint-Germain-en-Laye).

À ce jour, les témoignages concordants de 25 victimes de générations différentes décrivent un climat de terreur absolue, obtenu par le recours généralisé aux châtiments corporels avec pour seul objectif le dressage des enfants. Le collectif a ainsi documenté des témoignages de cruauté débridée dans ces deux établissements :

  • Passages à tabac allant jusqu'à la perte de connaissance ou une infirmité auditive définitive. Coups de règle en métal, coups de clés sur la tête, flagellations à la cordelette à nœuds.
  • Enfants contraints à l'immobilité dans des positions douloureuses, frappés au moindre mouvement 1.
  • Élèves suspendus à des porte-manteaux ou jetés dans des poubelles.

Ces actes de barbarie, loin d'être des dérives isolées, faisaient partie intégrante d'un projet pédagogique visant à briser les capacités de résistance des enfants sous prétexte de discipline, les isolant dans une soumission totale propice aux exactions de pervers ultraviolents et de prédateurs sexuels. Le collectif a ainsi identifié dans ces deux établissements 22 bourreaux d'enfants et 10 prédateurs sexuels. Certains prédateurs pouvant être encore vivants et au contact d'enfants, le Collectif procède à des signalements auprès du Procureur de la République.

L'ère des « super-prédateurs »

À Passy-Buzenval, le Frère A.-B. imposait un rituel répugnant : le jour de l'anniversaire de l'enfant, chaque élève des huit classes de 6e devait se faire embrasser avec la langue et subir des attouchements sexuels, assis sur ses genoux, en échange d'un bonbon. Un professeur de sciences a poursuivi une longue carrière de prédateur sexuel auprès des 4e, tandis qu'un surveillant pédophile, par ailleurs ultraviolent, préférait les 3e qu'il choisissait pendant les heures d'étude du soir et convoquait dans son bureau pour des « punitions ».

La nuit, le pensionnat devenait une zone de traque où surveillants religieux ou laïcs repéraient les enfants éveillés pour les traîner vers la salle des lavabos, les dénuder et leur imposer des massages de « relaxation » qui dégénéraient en agressions sexuelles. Nuit après nuit, d'autres étaient agressés dans leur lit par un frère tandis que leurs voisins de dortoir faisaient semblant de dormir pour échapper aux représailles.

Au sommet de cette hiérarchie trônait le Frère A.-M., directeur de Passy-Buzenval pendant dix ans et figure du réseau. Prédateur insatiable, il utilisait des prétextes médicaux (séances de yoga et même hypnose) pour abuser de garçons dans le dortoir et même dans son bureau en plein jour. Impossible pour la congrégation de l'ignorer : un matin de 1966, les élèves ont découvert un graffiti immense sur le mur de la cour où était inscrit en lettres rouges « Le frère directeur est un pédophile ».

Malgré un signalement qui aurait été donné dès 1974, la congrégation l'a tranquillement muté à Saint-Augustin (Saint-Germain-en-Laye), aux Francs Bourgeois (Paris) puis à Saint-Genès (Bordeaux), lui assurant un vivier de nouvelles victimes. Avide de la reconnaissance sociale qui lui servait d'armure, ce redoutable prédateur a été promu Chevalier de l'Ordre national du Mérite en 1979 avec le soutien de la congrégation qui ne l'a jamais ni signalé, ni destitué, ce qui lui a permis d'agresser au moins une centaine d'enfants sur 33 ans de carrière.

Le collectif dénonce enfin une porosité criminelle entre Saint-Augustin et Passy-Buzenval. La mobilité des prédateurs entre ces deux sites franciliens a permis de multiplier le nombre de proies :

  • Le Frère A.-M. a été déplacé à St Augustin en 1980 alors que la rumeur enflait à Passy-Buzenval.
  • Un aumônier exerçant sur les deux sites est mis en cause pour des agressions sexuelles commises durant la confession, utilisant le secret religieux comme levier d'emprise ultime.
  • Actif dans les deux institutions, le Frère A. est notamment accusé de nombreux viols sur une fillette lors de la première année de mixité au collège Saint-Augustin.

Cette architecture du crime, consolidée par le silence de leur hiérarchie et la circulation des agresseurs, attend toujours une reconnaissance à la mesure du traumatisme infligé.

Aujourd'hui : la faillite éthique de la Congrégation des Lasalliens

Le collectif dénonce la stratégie actuelle de la congrégation, qualifiée de victimisation secondaire 2. L'institution, notamment par le biais de sa cellule « d'écoute », tente de diluer sa responsabilité systémique dans ces violences et d'étouffer les témoignages. La congrégation s'est rapidement retirée des procédures du seul recours de justice restaurative indépendante ouvert aux victimes — la CRR, créée en 2022 après le rapport Sauvé — pour revenir à sa stratégie consistant à capter la parole des victimes sans référent dans une cellule « d'écoute » interne pour les isoler, les diminuer et les sélectionner de façon opaque, conditionnant une éventuelle reconnaissance et réparation à la signature d'une clause de silence.

Nos exigences — Le collectif demande formellement :

  • La reconnaissance sans réserve de la responsabilité institutionnelle de la congrégation pour l'ensemble des sévices (physiques et sexuels).
  • Un appel à témoignages national par les Lasalliens pour briser l'isolement des victimes.
  • La suppression immédiate des clauses de confidentialité imposées dans les protocoles de réparation et le recours à une instance indépendante pour traiter les recours des victimes.
  • L'ouverture totale des archives pour identifier la chaîne des responsabilités hiérarchiques.

Le déni n'est plus une option. La réparation est un impératif moral.

1 Le Protocole d'Istanbul des Nations Unies inclut dans la liste des tortures physiques l'obligation de rester dans une position corporelle immobile et douloureuse pendant une durée prolongée.

2 La Directive européenne 2012/29/UE (dite Directive Victimes) impose aux États membres de protéger les victimes de la victimisation secondaire, définie comme les dommages causés non par l'acte criminel lui-même, mais par la manière dont les institutions traitent la personne par la suite.

Le collectif invite les victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles au sein du réseau lasallien à témoigner et, si elles le souhaitent, à rejoindre MVR pour briser l'isolement et soutenir notre action : victimes.lasalliens@gmail.com
Contact presse : contact@asso-mvr.fr
Communiqué de presse n°3

Violences systémiques et prédation : le bilan effroyable des 165 témoignages de victimes des établissements Lasalliens

L'ampleur du désastre : 165 victimes brisent le silence dans 46 établissements

Exactement un mois après le lancement de notre appel à témoignages, nous avons recensé 165 victimes, dont 132 témoignages recueillis directement par le Collectif des victimes des Lasalliens, faisant état de violences physiques et d'agressions sexuelles au sein de 46 établissements Lasalliens depuis le début des années 60. Les victimes étaient des enfants âgés de 5 à 15 ans.

Les récits concordants mettent en lumière ce qui apparaît comme une défaillance systémique de la protection de l'enfance et un dévoiement du projet éducatif :

  • Un véritable climat de terreur fondé sur des châtiments corporels sur des mineurs de moins de 15 ans. Les sévices décrits — tabassages, tortures, actes de barbarie — témoignent d'une violence à la fois débridée et institutionnalisée. Cette violence extrême et le secret imposé sont précurseurs et facilitateurs des agressions sexuelles. Elles nourrissent l'impossibilité d'alerter en dehors de l'institution.
  • À cette violence physique s'ajoutait souvent une prédation sexuelle banalisée par sa fréquence et le silence total qui l'entourait. Les témoignages décrivent des faits de voyeurisme, des humiliations et des agressions sexuelles (notamment lors des confessions), des actes de masturbation forcée et des viols (y compris pénétrations anales, fellations forcées…), souvent sur plusieurs années de scolarité.

La répétition des modes opératoires, quelles que soient l'époque ou l'établissement, suggère une dérive systémique d'agresseurs se sentant totalement protégés par l'institution : dans certains cas, les bourreaux et les prédateurs sont restés tranquillement en place et en activité plusieurs décennies, brisant la vie de générations d'enfants marqués par les violences, le désespoir et l'isolement.

Focus sur les foyers de prédation : le cas édifiant de Jean-Baptiste de La Salle à Rouen

Au fur et à mesure que les victimes nous contactent, certains établissements émergent comme des clusters effroyables de violences physiques et psychologiques, d'actes de torture et de barbarie, et de crimes sexuels sur de longues périodes : Passy-Buzenval (Rueil-Malmaison), Saint-Genès (Bordeaux et Talence), Le Likès (Quimper), PIC Béziers… et surtout Saint-Jean-Baptiste de La Salle à Rouen.

Dans cet établissement de Rouen, le bilan est accablant :

  • 27 victimes ont déjà directement témoigné auprès du Collectif, permettant d'identifier au moins 5 pédocriminels et une dizaine de bourreaux potentiels ayant agi en toute impunité, notamment au pensionnat.
  • Les récits font état de la désinvolture des agresseurs, ne se cachant pas pour perpétrer leurs crimes : les agressions sexuelles étaient normalisées au point où elles se déroulaient en toute occasion (couloirs, embrasures de porte, confessions, catéchèse, douches, dortoirs), et les pervers ultra-violents affichaient ouvertement leur outil de prédilection (gants de boxe, fouets, manches de tournevis, cordes, etc.) pour mieux inspirer la terreur.
  • Le nombre important de prédateurs sexuels, certains actifs sur de longues périodes (l'un habitant même dans l'établissement pendant plus de 30 ans), laisse penser qu'ils communiquaient entre eux, considérant l'établissement comme un véritable supermarché d'enfants victimes dans lequel ils se servaient à leur gré.
  • Nous évaluons à plusieurs centaines le nombre potentiel de victimes de crimes sexuels et à plusieurs milliers celui de violences physiques, psychologiques et d'actes de torture et de barbarie pour le seul établissement de Rouen.

Comment s'étonner alors que la Congrégation des Lasalliens encore aujourd'hui peine à reconnaître sa responsabilité dans ces crimes et continue de traiter les victimes comme des enfants qu'il faut écraser et faire taire.

Nos exigences : vérité, reconnaissance et réparation

Combien de témoignages de barbarie faudra-t-il pour que la Congrégation des Lasalliens assume sa responsabilité institutionnelle et fasse preuve d'humanité plutôt que de privilégier la défense de sa réputation ?

Nous demandons formellement à la Congrégation des Lasalliens :

  1. La reconnaissance sans réserve de sa responsabilité et l'engagement d'une démarche de réparation sincère et globale, sur le modèle de ce que les Lasalliens ont été obligés de faire ailleurs (par exemple en Australie).
  2. Le lancement par la Congrégation d'un appel à témoignages afin de libérer la parole de toutes les victimes et les aider à sortir de leur isolement.
  3. La fin immédiate des clauses de confidentialité (achats de silence) lors des protocoles de réparation et son engagement de ne pas poursuivre les victimes auxquelles ces clauses ont déjà été imposées.
  4. L'ouverture totale des archives aux historiens et aux collectifs de victimes pour identifier les bourreaux et les prédateurs, et comprendre la chaîne des responsabilités hiérarchiques qui a permis de les protéger.

Nous demandons à l'État :

  1. D'engager avec tous les moyens possibles et de manière rapide et efficace, des actions en justice dans le cadre des plaintes et des signalements déposés par les victimes contre des institutions Lasalliennes.
  2. De mettre en place dès que possible des séries de contrôles inopinés et sur site des institutions Lasalliennes où nous avons identifié des victimes et qui sont mentionnées dans des plaintes ou signalements.

L'ampleur et la gravité sans précédent des violences et des crimes sexuels, perpétrés depuis des décennies dans les institutions Lasalliennes sans aucune entrave, met en exergue l'urgence par les parlementaires d'examiner le projet de loi Spillebout-Vannier dont l'objectif est la protection des enfants en contexte éducatif.

Le silence n'est plus une option. La réparation est un impératif moral.

Le collectif invite les victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles, de torture et d'actes de barbarie au sein du réseau Lasallien à le rejoindre pour briser l'isolement et coordonner leur action : victimes.lasalliens@gmail.com
Contact presse : contact@asso-mvr.fr
Communiqué de presse n°2

Violences chez les Lasalliens : l'explosion du nombre de témoignages confirme une défaillance systémique — le collectif alerte sur la sécurité des enfants

Huit jours seulement après le lancement de son appel national, le Collectif des victimes des Lasalliens révèle une explosion des témoignages de violences physiques, psychologiques et sexuelles, d'actes de torture et de barbarie dans les établissements de la Congrégation des Lasalliens. Le nombre d'établissements identifiés est passé de 18 à 40.

1. Des témoignages de l'horreur : la réalité des faits

Les récits recueillis par le collectif décrivent un climat de terreur et de violence. Des petites classes à la 3e, les victimes rapportent avoir subi :

  • Des violences physiques extrêmes : gifles, coups de poing, coups de pied, tabassages, coups de clefs, coups de règles métalliques, supplices d'immobilisation et tortures.
  • Des violences sexuelles avérées : des actes abominables que le silence des responsables de l'époque a laissé prospérer pour protéger l'institution plutôt que les enfants.

2. Le constat de vies brisées

L'impact de ces violences est définitif. Les victimes témoignent de parcours de vie lourdement impactés : vies familiales et affectives altérées, carrières professionnelles précaires ou entravées, perte d'espoir, mauvaise santé mentale et physique, addictions et suicides.

3. L'indemnisation amiable : un outil d'évitement pour la Congrégation

Le Collectif dénonce la stratégie de la Congrégation qui utilise le processus d'indemnisation actuel comme un bouclier juridique et un étouffoir pour les victimes.

  • Éviter le tribunal civil : en orientant les victimes vers une réparation forfaitaire, l'institution cherche avant tout à éviter les procès au civil qui mettraient en lumière sa responsabilité et ses failles de gouvernance.
  • Une réparation au rabais : la Congrégation se sert de ce dispositif pour éteindre les poursuites à moindre frais et préserver les actifs de l'institution. Les indemnités, négociées avec parcimonie, sont négligeables au regard des conséquences pour les victimes sur une vie entière.

4. Le scandale des clauses de silence : l'omerta contractuelle

Le Collectif juge choquant et inacceptable d'imposer aux victimes la signature d'un document comportant une clause de confidentialité constituant une extinction quasi totale de leur parole et de leurs droits juridiques futurs.

  • L'achat de l'impunité : cette clause léonine mentionne le droit de témoigner, mais il est immédiatement encerclé par des obligations de « loyauté » et de « non-dénigrement » si floues que la victime choisira le silence total. En interdisant aux victimes de participer au débat public, la Congrégation empêche de documenter le maintien en fonction, parfois pendant des décennies, de prédateurs actifs protégés voire déplacés d'un établissement à un autre.
  • Une entrave à la protection des mineurs : entretenir le secret sur les agressions passées et sur les parcours de mutation des agresseurs fait obstacle à l'identification de prédateurs potentiellement encore en contact avec des enfants.
  • Le prix de l'indignité : acheter le silence d'une victime est une violence institutionnelle absolue. Ces contrats agissent comme un bâillon sur leur parole et les condamnent à rester prisonniers de l'institution qui les a trahis.

5. Alerte sur la sécurité actuelle des enfants

Est-ce qu'une institution qui aujourd'hui n'est pas à même de reconnaître sa responsabilité vis-à-vis de nous, victimes du passé, et nous traiter avec dignité et compassion, est vraiment capable de recueillir la parole des enfants et de les protéger ? Nous ne pouvons que constater à quel point la Congrégation des Lasalliens, acteur majeur de l'enseignement catholique en France, est encore ancrée dans le déni et l'obsession réputationnelle.

6. Face à notre interrogation, le Collectif exige :

  1. Une reconnaissance de responsabilité : face à l'innommable, la congrégation des Lasalliens doit assumer sa responsabilité : exprimer sa honte et acter sa défaillance.
  2. Une intervention de l'État : le déclenchement immédiat d'inspections relatives à la protection des enfants dans tous les établissements Lasalliens de France.
  3. Une refonte totale du dispositif de protection : s'inspirant des modèles lasalliens au Canada et en Australie, confier la protection des mineurs dans chaque établissement à un référent indépendant de la hiérarchie lasallienne.
  4. La levée du secret : que la Congrégation déclare officiellement caduques toutes les clauses de confidentialité signées à ce jour, et ce sans contrepartie, et qu'elle s'engage à ne plus jamais conditionner une indemnisation au silence d'une victime.

Liste des 40 établissements identifiés au 9 février 2026

Faits identifiés par témoignages directs ou informations des médias, depuis les années 1950 à nos jours.

Dép.ÉtablissementVilleDép.ÉtablissementVille
12St JosephRodez50Collège et lycée agricoleMontebourg
21St JosephDijon57St AugustinMetz
28St Pierre de DreuxDreux62NazarethBoulogne-sur-Mer
29Le LikèsQuimper62St Joseph de MalisseLonguenesse
29St Corentin la SalleQuimper64Mauléon LicharreMauléon Licharre
29JB La SallePlouguerneau64St JacquesPau
29St Antoine La SalleLannilis65St Vincent de BagnèresBagnères-de-Bigorre
30Collège JB La SalleNîmes66La SallePerpignan
31La Salle PibracPibrac74St JosephThonon-les-Bains
31St JosephToulouse75Francs BourgeoisParis
33St GenèsBordeaux75La RochefoucauldParis
33St GenèsTalence76JB La SalleRouen
34Pic de la SalleBéziers76École BellefondRouen
38La Salle l'AigleGrenoble76St JB la SalleDarnétal
44LoquidyNantes78St AugustinSt-Germain-en-Laye
44St FelixNantes81La Salle St PierreCastres
44JB La SalleGuérande91St NicolasIgny
48St PrivatMende91PassyBrétigny
47Félix AunacAgen92St NicolasIssy-les-Moulineaux
48IntercollègeLangogne92Passy-BuzenvalRueil-Malmaison
Le collectif invite les victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles, de torture et d'actes de barbarie au sein du réseau lasallien à le rejoindre pour briser l'isolement et coordonner leur action : victimes.lasalliens@gmail.com
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Communiqué de presse n°1

Réseau des écoles lasalliennes : Betharram puissance 10 — Création du Collectif des Victimes des Lasalliens

Face à des décennies de silence institutionnel, les victimes de la Congrégation des Lasalliens annoncent la création de leur collectif national. Le Collectif exige que la Congrégation sorte du déni pour assumer sa responsabilité civile et financière dans l'un des plus vastes scandales de violence et d'abus systémiques de l'enseignement catholique.

Depuis 1950, plus d'un million d'élèves ont fréquenté des écoles, collèges et lycées lasalliens. Si certains établissements sont depuis passés sous la tutelle des diocèses, le réseau lasallien compte aujourd'hui 150 établissements dans toute la France, faisant de cette Congrégation puissante et souvent opaque un acteur majeur de l'enseignement catholique.

Derrière le prestige de façade, le Collectif dénonce un projet éducatif dévoyé, fondé sur un usage systématique de châtiments physiques, de tortures et d'humiliations comme outils pédagogiques. Non seulement ces enfants terrorisés ont subi des sévices qui les ont profondément affectés, mais en imposant une obéissance absolue, l'institution a créé les conditions idéales pour des prédateurs sexuels qu'elle a ensuite protégés, favorisant ainsi la pédocriminalité. Grâce à la mutation silencieuse de Frères et de laïcs agresseurs, et à la pression voire l'emprise sur les enfants et les familles, la Congrégation a pu étouffer les scandales et continuer à briser des vies. Cette culture de l'abus et du secret se perpétue, comme le montre l'épouvantable affaire de St Genès à Bordeaux (36 victimes identifiées, dont 17 viols, entre 2008 et 2023).

Les établissements concernés par des faits historiques (les « écoles de la violence ») sont notamment les suivants (liste non exhaustive) : St Charles à Chauny (02), St Joseph Lasalle à Rodez (12), La Salle Pibrac (31), St Genès à Bordeaux et Talence (33), St Jean Baptiste de la Salle à Guérande, St Joseph du Loquidy et St Felix à Nantes (44), Le Likès à Quimper (56), Nazareth à Boulogne-sur-Mer (62), St Joseph à Mauléon (64), St Vincent à Bagnères-de-Bigorre (65), Francs Bourgeois à Paris (75), St Jean-Baptiste de La Salle à Rouen (76), St Augustin à St-Germain-en-Laye (78), St Nicolas d'Igny à Igny et Passy à Brétigny/Orge (91), St Nicolas d'Issy à Issy-les-Moulineaux et Passy-Buzenval à Rueil-Malmaison (92).

À ce jour, la Congrégation se limite à une posture de compassion protocolaire et d'indemnisation dérisoire, quand ce n'est pas un mutisme complet.

Le Collectif demande :

  1. Que la Congrégation reconnaisse catégoriquement que son projet éducatif fondé sur la violence et la terreur est un projet inacceptable qui ne respecte pas les droits fondamentaux de la personne humaine.
  2. L'ouverture sans restriction et immédiate des archives pour identifier les complicités hiérarchiques.
  3. Le lancement par la Congrégation d'un appel à témoignages pour libérer la parole des victimes.
  4. La création d'un fonds de réparation de 100 millions d'euros, à la hauteur du préjudice réel (vies professionnelles entravées, soins à vie, préjudices affectifs et relationnels) et du nombre de victimes.

Appel à témoignages

Pour plus d'informations, rendez-vous sur la page Facebook : « Association MVR pour les victimes des lasalliens ».

Le collectif invite les victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles, de torture et d'actes de barbarie au sein du réseau lasallien à le rejoindre pour briser l'isolement et coordonner leur action : victimes.lasalliens@gmail.com